Une vie de souffrance et d’isolation

Woman recovering after fistula surgeryLa vie des femmes souffrant de fistules est l’une des plus solitaires et douloureuses. Hormis les terribles symptômes liés à cette maladie auxquels elles doivent faire face, elles sont bannies et mises à l’écart de tous les aspects de la vie sociale. Parmi elles, on peut citer Fatoumata Traoré qui vit à la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone. Elle s’est mariée à l’âge de 15 ans et a contracté une grossesse aussitôt après. Sa grossesse arrivée à terme, son accouchement a duré 5 jours. A la fin de cette épreuve, elle a donné naissance à une fille mort-née. Elle a vécu la même épreuve cinq années successives. Finalement, après un septième accouchement, ayant également duré cinq jours, elle a été transférée dans un hôpital proche où des forceps ont été utilisés pour l’aider à accoucher. L’enfant de Fatoumata Traoré a finalement survécu. Cependant, le recours aux forceps a eu comme conséquence le développement de fistules.

Son enfant lui a été retiré et elle n’a pas été autorisée à participer à son baptême, rite très important dans la société guinéenne. Délaissée par son mari, elle s’est retrouvée mise en quarantaine. Vers 2007, juste après le lancement du projet de lutte contre les fistules, elle a entendu parler de l’intervention chirurgicale qui pourrait changer radicalement sa vie et a appris qu’il fallait juste qu’elle se rende à l’hôpital local de Kissidougou ou elle se ferait opérer gratuitement. Afin de rassembler le prix du  transport pour ledit l’hôpital , elle commença à ramasser du bois de chauffe à vendre au marché. En 2010, elle a finalement pu se rendre à Kissidougou où elle a été opérée. Fatoumata Traoré a 60 ans. Elle a vécu avec cette maladie pendant quarante ans, isolée de sa famille et de ses voisins. Elle a pris la parole lors de la cérémonie de la journée de la fistule et a remercié les personnes qui lui ont permis de mener finalement une vie normale. L’objectif du projet de lutte contre les fistules est d’évider que cette même tragédie se répète en Guinée et dans les zones avoisinantes.
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